Devenir freelance : comment sauter le pas ?

Le rapport au monde du travail a changé. Rares sont ceux qui envisagent de faire carrière toute une vie dans une même entreprise. Le développement personnel, le bien-être individuel et parfois l’envie de travailler de chez soi sont devenus des enjeux clés de l’environnement professionnel. Les freelances ont ouvert la voie d’autres possibles. Qui sont ces travailleurs d’un autre genre ? Pourquoi, et comment s’y prendre ? Et si le costume du freelance était taillé pour vous ?

Freelance, portrait en mosaïque

Génération liberté 

Les années 2000’ marquent un tournant dans le monde du travail. Les ordinateurs se glissent dans les entreprises, Internet devient l’outil indispensable. Des métiers nouveaux émergent. Les développeurs web ouvrent le bal, bientôt suivis par les graphistes, les photographes, les spécialistes du marketing et de la communication. La sphère freelance fait référence aux métiers du net, de la data et de la création. Plus besoin d’être entre les quatre murs de l’entreprise, on peut désormais travailler à distance. Les travailleurs de la tech s’affranchissent peu à peu du carcan de l’entreprise pour voler de leurs propres ailes. Ils deviennent travailleurs indépendants. 

La société évolue vite mais les mentalités et les lois tardent un peu à se mettre à la page. En 10 ans, entre 2008 et 2018, ce mode de travail connaît un bond de 145%. Rien qu’en France, les freelances ne sont pas moins de 930 000 à avoir franchi le pas. Les femmes aussi ont pris le train en route et constituent aujourd’hui presque la moitié des travailleurs en freelancing. Il existe autant de façons de travailler en freelance que de freelances. Chacun a ses règles, ses pratiques, ses usages. Tous partagent, chevillée au corps, la notion de liberté. Parce que travailler en indépendant c’est avant tout travailler pour soi est une notion importante. Elle implique que la personne est capable de prendre sa vie en main, de dessiner son propre destin. L’entreprise ou la fonction publique n’est plus perçue comme cette mère nourricière capable de palier à tous les manques individuels et collectifs. En freelance, chacun est libre de créer son propre schéma professionnel.

Quelques inconvénients 

Opter pour le mode freelance continue d’inquiéter pour des raisons : 

Économiques. Le travailleur indépendant n’a pas de contrat de travail. Il s’implique dans des missions ponctuelles en accord avec le client pour qui il réalise une prestation. Le freelance n’a donc pas de salaire fixe. À l’heure actuelle, il ne dispose pas non plus d’assurance chômage même si des solutions alternatives existent.

Sociales. Passer de l’ambiance de l’entreprise au travail en loup solitaire peut en déstabiliser certains. 

Chronophages. Le freelance assure toutes les tâches à bord, il passe donc du temps à la prospection de nouveaux clients, à la comptabilité et à la gestion administrative.

Des avantages non-négligeables 

Ceux et celles qui ont fait le choix du freelancing ont souvent amélioré leur qualité de vie. Ils peuvent : 

Organiser leur temps. Chaque corps répond à son biorythme, tout le monde n’est pas efficace de 9h à 17h. En travaillant en indépendant, il est possible de se créer un planning sur-mesure qui prenne en compte la vie de famille et les loisirs. 

Travailler d’où ils veulent. À domicile, dans les locaux d’une entreprise, dans une bibliothèque, dans un espace de travail partagé, à la table du café du coin ou au bout du monde. L’efficacité individuelle ne se mesure pas à la pointeuse mais là où l’on se sent le mieux. 

Choisir les projets qui les portent. On ne s’entend pas avec tout le monde et tous les sujets ne nous passionnent pas. Le freelance peut décider de travailler en cohérence avec ses valeurs. Aucun doute qu’il sera alors plus impliqué. Luxe suprême, il pourra même fixer ses tarifs. La prestation de service n’implique pas de rapport de hiérarchie. 

Freelance, est-ce fait pour moi ?

Des compétences précises 

Le statut de freelance suscite de plus en plus de vocations. Quelques qualités sont toutefois nécessaires : 

  1. L’autonomie. Sans doute le mot le plus intimement lié au travailleur indépendant. Il faut être capable de faire cavalier seul. La réussite de l’entreprise ne dépend que d’une personne. 
  2. La rigueur. Le freelance a des engagements de date à tenir et doit respecter une comptabilité précise. 
  3. Le savoir-faire. S’assurer de ses compétences et être prêt à les enrichir. 
  4. L’audace. Le freelancing est un choix de vie encore marginal, il ne faut donc pas avoir peur de sortir des chemins classiques. 
  5. La connaissance de soi. “Connais-toi toi-même”, le conseil de Socrate invite à une confrontation avec soi pour connaître ses forces et ses faiblesses. 

Des profils multiples

Il est possible d’exercer des métiers variés. Parmi eux, on peut citer rédacteur web, consultant SEO, traducteur, programmeur, infopreneur, scénariste, développeur d’applications et quelques autres. Beaucoup vivent en métropole pour garder une proximité géographique avec leurs clients. La plupart ont entre 34 et 37 ans. Les candidats au travail freelance sont souvent passés par l’entreprise avant de devenir leur propre patron. Les profils restent toutefois hétéroclites. Il est possible de tenter l’aventure du travail en indépendant en dépit du handicap, de la couleur de peau, des croyances et des diplômes. Vous êtes à la fois le recruteur et le recruté. Vous fixez donc vos critères et placez le curseur sur l’échelle des exigences. Vous pouvez être : 

  • Salarié du public ou du privé. À moins d’avoir un contrat d’exclusivité, il est possible de monter son entreprise en parallèle de son contrat de travail, à condition ne pas entrer en concurrence avec vos fonctions. Les journées risquent d’être longues mais vous pourrez tester votre activité freelance avant de la lancer à temps plein. 
  • Demandeur d’emploi. Une bonne période pour remettre en question ses acquis, faire un bilan de compétences et questionner son futur. 
  • Retraité. Pour certains, le jardinage n’est pas une option valable, lancer son activité d’indépendant permettra de garder la tête fraîche. 
  • Étudiant. Une bonne façon de tester le freelancing tout en gagnant un peu d’argent. 
  • Parent au foyer. Être présent dans le quotidien de ses enfants n’a pas de prix. En freelance, vous pouvez travailler le soir ou pendant la sieste et ne pas rater une miette du développement de vos petits.

Une trouille, une solution

Avoir peur. De ne pas y arriver. De manquer d’argent. De se sentir illégitime. D’être isolé. D’être incompris. La peur est un sentiment naturel face à la nouveauté. Pour ne pas rester bloqué et passer à côté d’une opportunité porteuse, quelques ressources existent. 

J’ai peur pour l’argent

Couveuses d’entreprises, Pôle emploi, missions locales, et comptables peuvent être de bons interlocuteurs à solliciter pour démêler les aides possibles et les ressources nécessaires. 

J’ai peur de la solitude

Travailler en solo devant un ordinateur ne veut pas dire être seul. Des événements de freelances sont organisés. Les forums permettent d’échanger des points de vue avec des personnes qui partagent les mêmes problématiques. Les espaces de coworking sont pensés pour vous rapprocher de la communauté des travailleurs indépendants. Vous gardez le droit de sortir et vous adonner à vos loisirs préférés. 

J’ai peur du regard des autres

Être freelance implique d’endosser plusieurs casquettes. L’expérience fera plus que les diplômes pour gagner en maturité et en relationnel avec les clients. Il est tout à fait possible, voire recommandé, de se former en autodidacte. Les formations en ligne et les tutoriels ne manquent pas. Une bonne occasion d’élargir son champ de connaissances et de se spécialiser à moindre frais. 

J’ai peur de ne pas y arriver

Avec un projet bien construit, du travail persévérant et de la patience, vous finirez par parvenir à vos fins. Vous serez plus déçu de ne pas avoir osé plutôt que d’avoir raté.

 J’ai peur de ne pas savoir comment m’y prendre

D’autres avant vous ont tenté l’expérience. Rencontrez-les, échangez, inspirez-vous. Des juristes ou des boutiques de droit pourront vous accompagner sur vos questions juridiques. 

Du rêve à la concrétisation

Pour ne pas se brûler les ailes, il est important de ne pas sauter les étapes. 

Un projet bien pensé vous permettra de donner les lignes directrices. Qu’allez-vous proposer ? Pour quel public ? Sous quelle forme ? Pour quel tarif ? Cela implique de questionner vos motivations, freins et compétences. Vous devrez connaître la concurrence et les attentes de votre clientèle. 

Un statut juridique adapté vous évitera bien des problèmes. Freelance correspond à un état, pas à une forme d’entreprise juridique. Il vous appartient de définir la structure légale cohérente. Le statut de micro-entrepreneur est le plus plébiscité dans le milieu du freelancing car il permet une création d’entreprise optimisée et une comptabilité légère. En revanche, ceux qui visent un chiffre d’affaire annuel de plus de 70 000 euros se tourneront plutôt vers une SASU ou une EURL. Le portage salarial peut être une option à penser pour un salaire fixe et une délégation de la gestion administrative.

Du réseautage fera connaître votre entreprise. Vous pourrez aussi vous tourner vers des plateformes de mise en relation de prestataires freelances et d’entreprises pour garnir votre premier vivier de clientèle.

Une communication ciblée valorisera votre entreprise. Vous pourrez vous entourer d’un graphiste pour designer un logo ou un rédacteur pour écrire des mots justes vous décrivant. Vous ferez ainsi vos premiers pas dans le bain freelance en faisant marcher des collègues. 

Un travail méthodique et rigoureux vous vaudra la fidélité de vos clients. 

Vous ne deviendrez peut-être pas le plus riche, ni le plus conventionnel, ni le plus populaire mais vous serez sûrement le vous qui vous ressemble le plus si le mode de vie freelance vous convient.

Comment trouver des clients en tant que freelance ?

Nous parlions de réseautage un peu plus haut. Il est important de parler de vos services autour de vous. Le bouche à oreille, les amis d’amis peuvent vous aider à trouver vos premiers clients. Mais pas seulement…. Il existe aussi des plateformes qui mettent en relation freelances et entreprises. Quelles soient généralistes ou spécialisées, ces plateformes vous donneront de la visibilité (et prendront au passage une commission de 15 à 25% de la mission). Ce n’est pas donné, mais c’est souvent le prix à payer pour vous faire connaître. Et, si on y réfléchit bien, c’est généralement plus rentable – et plus rapide – que de vous lancer dans des campagnes publicitaires (Facebook, Google, etc.).

Voici quelques plateformes pour trouver un freelance (ou dans votre cas, des plateformes pour vous permettre de trouver des clients) :

  • Fiverr. La référence pour les rédacteurs, traducteurs, développeurs (essentiellement des missions de scrapping). Parfait pour du volume, mais vous vous retrouverez en concurrence avec le monde entier, et donc face à des freelances basés en Inde, Madagascar ou encore le Maroc, avec des prix généralement inférieurs aux vôtres. Jouez alors sur vos forces (natif, connaissance d’un secteur en particulier, etc.)
  • Malt. Conçue par une startup française, cette plateforme recense bien sûr des rédacteurs, des traducteurs, mais aussi des commerciaux, des développeurs. Les missions sont généralement mieux payées que sur Fiverr.
  • Codeur. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une communauté de développeurs. Ici, les missions sont publiées et ouvertes à tous. Chaque freelance vient proposer ses services. Il n’est pas rare de voir cinquante freelances répondant à une mission. Dans la lignée de ce site existe aussi Graphiste.com, Redacteur.com, ou encore Traduc.com.
  • Crème de la crème. Une autre startup française, incubée dans ces premiers mois au sein de l’ESSEC, et qui se positionne sur le haut de gamme des freelances, spécialement en tech, data, design, produit et marketing digital.
  • Ocus. Pour les spécialistes de l’image (principalement des photographes) qui cherchent des missions B2B près de chez eux.

Outre ces plateformes, voici d’autres sites qui, en tant que freelance, peuvent vous aider à trouver des missions : Freelancer.com, Skill value, Talent.io

En tant qu’indépendant, la liste des possibles est grande. A vous de voir avec quelle plateforme vous êtes le plus à l’aise. Un conseil : une fois trouvée, essayez de développer votre clientèle sur cette plateforme. En effet, les avis de vos clients sont très importants pour apparaître en tête des recherches, et pour rassurer les futurs clients. Plus vous avez d’étoiles et de commentaires élogieux, plus vous serez visible et sexy, plus vous aurez de clients. Un cercle vertueux qui font amènera des affaires, jusqu’au moment où vous préfèrerez peut-être développer votre clientèle en direct.

🎧 Podcast : Ce qu’il faut savoir avant de devenir freelance

Kinoko, dans l’épisode 27 de son formidable podcast Être soi, revient sur son expérience en tant que freelance, le monde du business, ce qu’elle a appris, que qu’elle aurait aimé savoir plus en détail avant de se lancer dans l’aventure de freelance.

Un livre à conseiller ?

Non pas un, mais 3 livres à vous conseiller.

  • Pro en Freelance. Près de 200 pages pour vous aider à choisir votre statut d’indépendant, maîtriser les bases de l’administratif (facturation, obligations déclarative, protection sociale, responsabilité civile), estimer ses prestations et réaliser les devis… Notre coup de coeur co-écrit pas notre ami comptable Laurent Lafforgue.
  • Tu vas aimer être freelance. Un ouvrage qui vous motivera à franchir le cap du freelancing.
  • Et, parmi les incontournables, Devenir freelance pour les Nuls qui donne les clés pour créer, améliorer et faire perdurer son activité de travailleur indépendant.





Esthéticienne

Estheticienne

L’esthéticienne est aux petits soins avec ses clients qui viennent la voir pour une épilation, une manucure, un maquillage, mais aussi pour se détendre.

Serrurier

Serrurier

Il est spécialisé dans le travail des métaux qu’il façonne et travaille dans tout type de construction métallique : de la menuiserie à la charpente…

Auxiliaire de puériculture

Auxiliaire de puériculture

L’auxiliaire de puériculture prodigue les soins de base nécessaires comme la toilette, soigner les petits bobos, donner les médicaments, et nourrir le nouveau-né ou l’enfant.

Accompagnant éducatif et social (AES)

Accompagnement éducatif et social (AES)

L’accompagnant éducatif et social (AES) aide au quotidien des enfants, des adultes ou des personnes âgées vulnérables ou en situation de handicap.

Assistante sociale

Assistante sociale

L’assistant de service social accompagne et oriente des enfants, adultes, familles, ou groupes, en difficultés.

Auxiliaire de vie

Auxiliaire de vie

L’auxiliaire de vie scolaire et l’auxiliaire de vie sociale ont un point commun : aider son prochain.

Sage-femme

Sage-femme

Qu’y a-t-il de plus beau que de donner la vie ? Pendant ce moment unique dans une vie, la sage-femme est présente.

Éducateur canin

Educateur canin

L’éducateur canin éduque ou rééduque les chiens qui présentent des troubles du comportement comme l’aboiement intempestif, l’agressivité ou encore des problèmes de propreté. 

Paysagiste

Paysagiste

Le paysagiste pense les espaces verts et les met en scène en plantant des arbres, des arbustes, des fleurs, des bassins et des pierres.


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